Seizième lettre

Je suis arrivé à Pékin le 4 avril pour faire à mon tour le voyage que Marie-Marthe et ses amis ont entrepris en 1990 (voir la quatorzième et la quinzième lettre) ; à quelques nuances près toutefois.

Un voyage ajusté aux conditions d’aujourd’hui

Alors qu’ils l’avaient réalisé en cinq semaines, j’ai choisi de le faire en deux mois. Je pourrais ainsi séjourner plus longtemps dans certaines étapes et surtout adapter mes explorations à mes capacités physiques [1] qui ne sont plus les leurs.

Par ailleurs, la semaine de la fête du travail (du 1° au 5 mai) est fériée à l’échelle du pays et tombera au milieu de mon périple. Cela signifiera, pendant ces 5 jours, une invasion massive de touristes dans tous les hauts lieux de Chine. J’aime bien la foule, mais quand même… Pour éviter le raz de marée, l’idéal à ce moment là serait de résider dans une grande ville. Urumqi aurait été parfaite, mais pour y être à ce moment là, j’aurais dû accélérer le pas sur les premiers jalons et les ralentir ensuite fortement. Aussi ai-je décidé d’ajouter deux étapes au programme de 1990 : Xi’an et Zhangye où je serai pendant la fête du travail. Celle-ci ne perturbera donc pas le voyage originel, mais seulement cette étape supplémentaire.

Cela accentuera l’aspect « route de la soie » de mon voyage que celui de 1990 n’avait qu’accessoirement. J’avais en effet demandé à Odile, sa conceptrice, pourquoi elle l’avait fait commencer à Lanzhou et non pas à Xi’an, qui est le point de départ historique de cette route. Elle m’avait répondu qu’en 1990, le tourisme en Chine était quasiment inexistant ; le pays était encore très fermé. On parlait donc beaucoup moins à l’époque de cette route qu’aujourd’hui. Ce qu’elle souhaitait, c’était simplement  visiter le nord-ouest de la Chine. Leur escapade d’ailleurs à Xiahe les mettait plutôt sur la piste du Tibet que sur celle des caravansérails.

Pékin, avril 2026

Je connais bien les deux premières étapes du voyage de 1990 pour m’y être déjà rendu plusieurs fois.

Je n’ai donc pas cherché à Pékin à aller voir les lieux qu’ils avaient visités : la Grande Muraille ou les tombeaux des Ming. Rechercher les lieux visibles sur les photos était aussi impossible. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin, d’un foin en outre récolté 40 ans plus tard et ayant donc connu entre temps de nombreuses mutations.

Je n’ai gardé de cette étape qu’une seule idée : me promener dans un Parc, à l’image de ce que Marie-Marthe faisait tôt le matin pour aller y écrire.

Pour le reste, j’ai approfondi ma connaissance de la ville en découvrant le musée qui lui est consacré, et j’ai retrouvé Susan, une amie Chinoise, et quelques uns de ses amis dans un restaurant puis dans un salon de thé. 

La Chine saisie d’une fièvre muséale

A l’occasion de la rénovation du Musée des Beaux Arts de Reims, l’École du Louvre a proposé une série de conférences sur l’évolution de l’architecture des musées dans le monde, du XVII° siècle à aujourd’hui. Je les ai suivi avec intérêt, mais suis parti en Chine avant la fin de la série. Je n’ai donc pas pu connaitre les évolutions contemporaines. En revanche, je les ai sous les yeux : la plupart de ceux que j’ai visités ici ont moins de trente ans.

Cela fait fond sur une Bówùguǎn rè 博物馆热 , une « fièvre des musées » toute chinoise. Deepseek interrogé à ce sujet m’a fourni le tableau saisissant suivant :

AnnéeNombre de muséesCommentaire
Début des années 2000~1 400Point de départ de la croissance
2019~5 535Le plan 2011-2020 est une réussite
20236 833Confirmation d’une croissance annuelle soutenue
20247 046Un record : un nouveau musée ouvre en moyenne tous les deux jours

Le développement de la Chine n’est donc pas qu’industriel. Il a aussi un volet culturel et touristique.

« Cette envolée ne doit rien au hasard » précise l’IA chinoise. « Elle est le résultat d’une politique publique volontariste, initiée avec le « Plan de développement des musées (2011-2020) », qui visait à en implanter un pour 250 000 habitants. Cet objectif a été largement dépassé : on compte aujourd’hui un musée pour environ 20 000 habitants ».

Peut-être toutefois en est-il de la fréquentation, tout aussi impressionnante – en 2024, ces musées auraient accueilli 1 milliard et demi de visites… : elle pourrait être très inégale et certains établissements délaissés pendant que d’autres ploient sous l’ampleur des visites et doivent les réguler.

Après avoir d’abord envisagé une création ex nihilo, la ville de Reims a finalement décidé de maintenir son musée dans ses murs – ceux de l’ancienne abbaye Saint-Denis – mais en n’en conservant que la carcasse afin de pouvoir moderniser et multiplier par trois tous les espaces intérieurs d’exposition [2]. Pékin a fait le choix inverse. Le Temple de Confucius qui depuis 1981 hébergeait le Musée de la capitale (Shǒudū bówùguǎn 首都博物馆) est revenu à sa vocation initiale et un nouveau musée, conçu par une Agence française et un architecte chinois, a été ouvert au public en 2006. C’est celui là que je viens de visiter.

Pékin – Le musée de la capitale [3]

Il a vocation à raconter l’histoire de Pékin et de son territoire depuis que les archéologues le fouille. Ses collections sont d’une grande richesse, allant de la préhistoire à nos jours. Pour les accueillir, il fallait donc un bâtiment qui leur laisse de la place, et de la place elles en ont ! L’atrium et la desserte par des escalators des quatre niveaux supérieurs à eux seul donnent le vertige.

Cliquer sur la première image pour l’agrandir puis faire défiler

L’atrium et la desserte des étages

Les salles sont très aérées, les œuvres de grandes qualités et leur exposition suit un fil chronologique. La muséographie fait souvent appel aux ressources numériques pour faire œuvre pédagogique et renouveler l’attention des visiteurs. En voici un exemple sans parole.

Ce qui caractérise toutefois la muséographie chinoise, c’est que la politique n’y perd jamais complètement ses droits. Chaque fois que c’est possible, parfois de façon subliminale, elle met en valeur les vertus chinoises et enracine dans l’histoire les positions d’aujourd’hui. Ainsi par exemple, la Chine du mongol Kubilaï Khan – qui ne s’appelait d’ailleurs pas la Chine à cette époque là – est elle célébrée pour sa capacité à rassembler sur un vaste territoire – plus vaste que la Chine d’aujourd’hui – des peuples aux cultures différentes et de les maintenir en paix les uns avec les autres.

Le parcours se termine par le Pékin d’aujourd’hui. Il n’y a alors quasiment plus d’œuvres exposées, mais des photographies de la ville moderne alternant avec de grands panneaux célébrant le rôle du Parti Communiste et de ses dirigeants dans la pacification du pays et la restauration de sa grandeur.

Mais cette politisation n’affecte nullement l’intérêt de la visite. On peut ne pas y prêter attention. Les œuvres exposées sont magnifiques et remarquablement mises en valeur. En voici, pour le plaisir des yeux, un échantillon.

Les parcs… bien sûr

La veille, j’avais prévu d’aller visiter les Tombeaux des Qing, mais pendant la nuit, la perspective de passer dans la journée  6 heures dans un bus – aller et retour – m’empêchait de dormir. J’ai alors consulté sur mon ordiphone le plan autour de mon hôtel et j’ai découvert l’existence d’un parc sis à cinq minutes en vélo. La balance était inégale. J’ai aussitôt décidé de remplacer le premier projet par le second. Ça m’a fait un bien fou : je me suis aussitôt rendormi jusqu’à huit heures du matin, ce qui ne m’arrive jamais.

C’est incroyable comment on peut parfois se martyriser inutilement…

Je ne sais pas si elle fait partie de la pharmacopée chinoise traditionnelle, mais la déambulation au hasard des chemins dans un parc public chinois est un puissant remède contre le blues du voyageur ou le spleen de la solitude amoureuse. C’est un mélange de marche paisible sans but, de rencontres fortuites et de vues esthétiques.

Ce Parc porte un joli nom, celui du Pavillon qui se trouve en son centre, le Pavillon de la Joie Insouciante (陶然亭Táorán tíng), un nom qui est en lui-même une promesse de rétablissement.

C’était une journée douce et ensoleillée de Printemps ; les pommiers et les cerisiers étaient en fleurs. Pour que ce Parc prenne aussi corps pour vous, voici quelques photos prises lors de ma promenade. Vous y verrez plusieurs Pavillons car dans le sud du Parc, un vaste espace a été réservé pour y installer des copies des plus réputés de Chine. Un plaisir des yeux sans la fatigue des trajets…

Parc du pavillon de la joie insouciante – Pékin

Mais j’ai aussi bénéficié en marchant d’un cours de morale. En effet, en plusieurs endroits sont affichés des panneaux qui le dispensent. J’en ai fait un petit montage, avec une traduction synthétique. Ça m’a rappelé ma jeunesse lorsqu’en entrant en double file dans la classe, chacun vêtu d’une blouse uniforme, on découvrait sur le tableau noir la sentence républicaine du jour écrite à la craie, en pleins et déliés, par le maître. 

Mais évidemment le Parc, c’est le lieu où les Chinois viennent pratiquer ce que j’ai appelé leur vie légère (voir Wán ou la vie légère dans la sixième lettre) qu’on pourrait aussi bien appeler celle de la « joie insouciante » :

Rencontre autour de la philosophie

J’ai fait la connaissance de Susan grâce à Marga (voir dans la sixième lettre « Marga ou le hasard d’une rencontre »), lors de mon premier voyage. Nous avons immédiatement ressenti un plaisir partagé à nos conversations interculturelles et sommes devenus amis. Chaque fois que je viens en Chine, je la préviens de mon arrivée. Cette fois-ci, elle était à Pékin et nous avons donc pu nous voir.

Elle m’a invité à déjeuner avec Xueqi une de ses amies que j’avais déjà rencontré grâce à elle à Anting l’année dernière (voir « Anting, la Cité de l’automobile », dans la dixième lettre). Celle-ci a fait des études de philosophie comparée occidentale et chinoise et venait d’obtenir son doctorat qui portait sur Zhuangzi. Je lui ai demandé ce qu’elle comptait faire désormais. J’ai cru comprendre qu’elle voulait devenir consultante en aidant les gens à mieux vivre grâce au recul et à la sagesse que pouvait leur apporter la philosophie.

Qīngmíng jié 清明节, la « Fête de la pureté et de la clarté », avait eu lieu la veille. C’est une fête traditionnelle chinoise pendant laquelle les familles vont nettoyer les tombes de leurs parents et leur rendre hommage. Ce jour là, à la demande d’une amie, Xueqi avait réunie une douzaine de personnes  pour animer une réflexion sur la vie et la mort. Le contexte s’y prêtait. C’est peut-être ce modèle qu’elle avait en tête.

Elle avait préparé trois questions : Que feriez-vous si vous mourriez dans une heure, dans un an, dans dix ans ?  J’ai répondu pour mon compte aux deux premières et lui ai demandé si les avis dans son groupe convergeaient.  Elle m’a répondu que oui : tous, s’ils savaient qu’ils allaient mourir dans un an, quitteraient leur travail pour vivre ce qui compte vraiment pour eux.

J’ai été surpris qu’elle me demande si je connaissais Pierre Hadot. C’est un philosophe pour lequel j’ai une grande estime, un interprète talentueux et rigoureux de la philosophie grecque. Il a même une rue à son nom dans ma ville, lui ai-je dit, mais il n’est connu en France que des spécialistes. Alors que les philosophes, depuis les Lumières jusqu’à aujourd’hui, sont des professeurs, dans l’antiquité, ils fondaient une école où des disciples venaient les rejoindre pour vivre en accord avec les pensées du maître. En discutant de cela, je me suis dit que c’était peut-être cette pratique de l’exercice philosophique – qui était aussi celle de taoïstes comme Zhuangzi – qu’elle avait en tête et espérait faire vivre. ..

Rencontre autour de la médecine chinoise

Après ce déjeuner, Susan et moi avons quitté Xueqi et sommes allés dans un Salon de thé rejoindre trois autres de ses connaissances : Zhouli, qui est une psychologue, Daifu [4] un médecin et Xiaodan, une jeune femme qui travaille dans un jardin d’enfant et suit les cours de médecine que donne Daifu.

Ce dernier a d’abord terminé ses études de médecine occidentale puis, à la suite de la rencontre d’un professeur de médecine traditionnelle chinoise s’est converti à celle-ci. « Cette rencontre a été une vraie chance pour moi. Sans elle, je n’aurais jamais compris les principes qui gouvernent cette médecine ». Celle-ci l’a intéressé car elle n’isole pas les problèmes, mais envisage la personne dans son ensemble – ça m’a fait pensé à la différence entre l’agriculture industrielle qui traite directement les plantes et l’agriculture biologique qui agit sur leur support, le sol et leur environnement.

Je lui ai demandé si la médecine traditionnelle était une spécialité qui suivait les études de médecine occidentale. Il m’a répondu que ce n’était pas le cas. Ce sont deux filières différentes.

Il a investi avec quatre autres amis dans ce salon de thé car c’est là qu’il fait ses consultations. Il trouve que c’est un bien meilleur lieu d’accueil qu’un hôpital qui sent partout le désinfectant. En outre précisera t’il, « le thé, ça fait du bien à tout le monde ».  Zhouli dira à sa place qu’en s’installant comme médecin traditionnel, il avait deux défis à relever : d’abord se faire connaitre comme tel, puis ensuite apporter la preuve des bienfaits que cette médecine apportait à ses patients. Sur ces deux plans, « il a fort bien réussi » ; son cabinet ne désempli pas.

Il a dû nous quitter assez tôt, mais comme j’avais dit à Susan le matin que je dormais souvent très mal et parfois bien, sans que j’en comprenne les raisons, elle est revenue, après l’avoir accompagnée, avec quelques conseils de Daifu : « Essaie d’abord d’arrêter de boire de l’alcool, puis du café, puis du lait et regarde si ça change quelque chose ».  Je m’étonne. Je m’attendais à ce qu’il propose une potion quelconque. Susan me répond qu’il s’agit d’abord d’identifier les causes et de les supprimer avant d’éventuellement chercher à corriger  les équilibres internes. Ce n’était évidemment pas une consultation sauvage, mais cela donne quelques éclairages sur cette pratique.

Avant que Daifu ne parte j’avais eu le temps de lui conter une anecdote qui m’était arrivée le matin même dans mon hôtel. J’avais alors croisé une femme qui sortait avec deux grosses valises. A son accent, j’avais deviné qu’elle était Française et j’ai engagé une courte conversation avec elle.  Rejointe par deux autres amies aussi lestée de bagages, elle m’explique qu’elles vont toutes trois suivre un séminaire sur la médecine chinoise traditionnelle dans une ville dont je ne me rappelle plus le nom.  J’étais étonné, car si j’ai déjà rencontré des Européens faisant le voyage en Chine pour le Tai chi, le bouddhisme, les techniques de massage ou l’acupuncture, je n’en avais encore jamais rencontré intéressé par la médecine chinoise.

Le lendemain, je suis revenu avec Susan sur cette rencontre. Je me demandais notamment pourquoi Xiaodan suivait les cours de Daifu. Voulait-elle changer de travail ? Elle m’a répondu que non. Elle est simplement intéressée par cette médecine et souhaite pouvoir la pratiquer pour elle-même, sa famille et ses amis. D‘ailleurs me dit-elle, il y a un regain d’intérêt en Chine pour elle, notamment chez les jeunes et elle m’a envoyé pour appuyer ses dires un article publié sur Wechat à ce sujet.

Le conseil psychologique en Chine

Il se faisait tard dans le Salon de thé et nous allions nous séparer. Zhouli propose alors de faire quelques selfies en souvenir de cette rencontre. Pour pouvoir me les transmettre, nous échangeons nos adresses WeChat.

Zhouli, Susan, Xiaodan et moi

Mais en même temps que ses photos, j’ai du coup également eu accès à ses « moments » (l’équivalent du « mur » de Facebook) dans lesquels elle avait déposé d’abondantes informations sur le développement  de son métier en Chine. Elles ont complété les échanges que nous avions eus à ce sujet dans le Salon de thé.

En voici une synthèse :

Le conseil psychologique (心理咨询 Xīnlǐ zīxún [5]) serait passé de l’état de niche à celui d’une demande solide. Entre 2021 et 2025, la croissance aurait été de 23 % en moyenne par an. Cette croissance supérieure à 20 % est interprété comme le signe que la demande se libère et que la perception sociale est en train de changer. Auparavant, les gens consultaient parce qu’ils étaient malades, maintenant l’idée se répandrait que cela peut être bénéfique même si on ne l’est pas.  Trois raisons de ce changement sont avancées : d’abord la pression sociale aurait subie une mutation. Elle serait passée de la lutte pour la survie dans un contexte de rareté des biens au stress émotionnel, relationnel et à une anxiété liée à l’identité. Ensuite, la déstigmatisation de la santé mentale serait en cours ; enfin suite à l’épidémie de covid, la psychologie collective serait en train de changer.

Aujourd’hui, près de 70 % de la clientèle aurait entre 18 et 35 ans et 60 % des revenus en 2025 proviendrait de consultation psychologique en ligne.

En lisant cela, j’ai été doublement surpris. A la fois que la Chine s’ouvre à une science humaine occidentale que je pensais loin de leur culture, mais plus encore peut-être par leur intégration des sciences de gestion et particulièrement du marketing leur permettant de suivre l’évolution des marchés du conseil. J’avoue que je ne sais pas comment ils s’y prennent pour connaitre les revenus qu’ils génèrent. Mais peut-être en est-il des réseaux sociaux chinois comme des nôtres : ils véhiculent aussi bien de bonnes informations que des mensongères ou des fausses.

Ce qui est assuré, c’est que Zhouli est psychologue et qu’elle s’intéresse au développement de son métier.

*****

Même si j’ai fait d’incontestable progrès dans ma connaissance du Chinois, désormais suffisante pour les échanges au quotidien,  elle reste bien inférieure à celle de l’anglais.  C’est évidemment une limite majeure : je ne peux communiquer en profondeur qu’avec les Chinois anglophones, alors qu’en français, j’ai eu des échanges sans frontière sociale – un des nombreux avantages du travail qui était le mien. Il faut évidemment l’avoir en tête en me lisant afin de n’en tirer aucune généralité. La Chine est un pays bien trop vaste, divers et peuplé pour en rendre compte sans biais. Ce que je rapporte n’est qu’un témoignage de ce que j’ai vu, cru comprendre et des réactions que cela suscite en moi. Rien de plus, rien de moins.

Shanghai, avril 2026

Quand il n’y a plus de place, il y en a encore !

Chaque fois que je vais dans de grandes villes chinoises, je regarde d’abord si par hasard un  échange d’appartement n’y serait pas possible. Jusqu’à présent, il n’y a qu’à Shanghai que j’ai réussi à en faire. Cette fois-ci, ça a été avec Peiyun, une jeune Chinoise de quarante ans. J’étais très heureux car son appartement était situé dans l’ancienne concession française, un quartier très agréable à vivre avec des rues bordées de platanes.

Je n’ai pas eu de mal à le trouver. Mais quand j’ai ouvert la porte…

L’art de l’encombrement

Passé le moment de surprise, j’ai fait un peu de place à mes affaires en adoptant la méthode de mon hôte : il suffit de pousser pour trouver de la place là où l’on croit à tort qu’il n’y en a plus.

Peiyun m’avait invité le soir même à dîner. J’avais hâte de la rencontrer. Je voulais savoir si sa tête était aussi encombrée que son appartement.

En fait, c’est une femme charmante. Elle a découvert le système d’échange de maison l’année dernière grâce à une amie Chinoise qui vit en Europe et l’a parrainé.  Apprenant que j’utilisais ce dispositif depuis longtemps, elle me demanda quelle est la maison qui m’avait le plus impressionné. J’étais surpris de sa question, mais y est répondu sans hésiter : l’appartement de Bangkok (voir « Bangkok, l’intruse » dans la treizième lettre). Je lui ai évidemment retourné son interrogation. Elle n’a pas eu non plus besoin de réfléchir. Elle avait utilisé ce système lors d’un voyage avec ses parents en Nouvelle-Zélande. L’appartement était à Christchurch. Il avait trois chambres, l’hôte était présente. « Mais la cuisine était incroyable. Il n’y avait rien à l’extérieur. Tout était rangé dans des placards ! ». Je n’ai pas eu de mal à comprendre le choc que cela a pu représenter pour elle. Ses parents d’ailleurs en profitèrent pour lui faire la leçon, m’a-t-elle précisé. « Mais, quand vous étiez petite, ils ne vous forçaient pas à ranger votre chambre ? ». « Si, mais ça n’a pas été très efficace ». 

Mon étonnement est encore monté d’un cran lorsqu’elle m’a avoué qu’elle allait devoir bientôt quitter le site d’échange. « Mais pourquoi donc ? »  « Parce qu’en mai, on va me donner un chat et je ne pourrais donc plus accueillir personne ».

Pauvre bête, sait elle où elle va mettre les pattes ?

Marie-Marthe à l’entrée du Temple du dieu de la ville

Jean-Michel, après avoir lu la quatorzième lettre m’avait écrit pour me dire qu’avec l’aide de son fils il pensait avoir trouvé où, sur cette photo, était Marie-Marthe.

Selon eux, elle se tenait debout devant le Temple du dieu de la cité de Shanghai. Lors du dîner avec Peiyun, celle-ci m’avait aussi confirmé que ce devait être dans le quartier du bazar. Elle m’a d’ailleurs par la même occasion corrigé une mauvaise localisation, celle de cette photo que je croyais prise à Shanghai ou Pékin.

Elle a lu en effet l’enseigne que l’on voit derrière Marie-Marthe : 趣香餅家 qùxiāng bǐng jiā qu’on pourrait traduire par « La maison aux galettes appétissantes », puis elle a demandé à Deepseek où pouvait se trouver cette pâtisserie dans les années 1990.  Il lui a répondu que c’était une chaine bien connue de Canton et qu’elle existe toujours.

Sur le chemin du retour, Marie-Marthe et ses amis ont pris l’avion d’Urumqi à Canton. De l’aéroport, ils sont allés à la gare où ils ont peut-être dû attendre leur train pour Shenzhen et en ont profité pour se promener. Si c’est le cas, la pâtisserie ne devait pas être loin de la gare. Mais y est-elle encore ?

Je verrai ça à la fin de mon séjour. Revenons plutôt à la première photo. Dès le lendemain de mon arrivée à Shanghai, je suis allé dans le quartier du Jardin de la famille Yù 豫园 Yùyuán, où se trouve le Temple du dieu de la ville et le bazar. J’ai interrogé plusieurs personnes en leur montrant la photo ; elles m’ont envoyé dans différentes directions qui m’ont fait visiter le bazar, mais tout ce que je voyais était neuf. Il vient en effet d’être rénové dans le style traditionnel  pour en faire un haut lieu du tourisme contemporain. Peiyun m’a conseillé alors d’aller du côté du Jardin des Yù, près du pont en zig zag 九曲桥 Jiǔ qū qiáo, un magnifique endroit que j’avais visité lors d’un précédent séjour. Mais là aussi, j’ai fait chou blanc.

Finalement, je suis allé au Temple du dieu de la ville, où j’ai eu deux surprises. La première, c’est que c’est bien là que Marie-Marthe s’est fait prendre en photo.

Shanghai – Entrée du Temple du dieu de la ville (2026)

Le Temple a été rénové, mais en respectant la construction d’origine. La partie gauche a été débarrassée de son mur assez laid. Il en sort plus beau que l’ancien.

Voici juxtaposé 1990 et 2026.

La deuxième surprise, c’est que j’y suis allé le 9 avril, le jour de mon anniversaire, mais qu’en 2026, c’était aussi celui du dieu de la ville. Une coïncidence très rare puisque le sien est calculé sur le calendrier lunaire. Son précédent 9 avril était tombé en 2015 et le prochain tomberait en  2034.

Finalement le dieu de la ville s’est montré fraternel avec son jumeau provisoire en date, en  organisant sous ses auspices une reconstitution trans-temporelle de son couple.

Mais pour terminer, voici quelques traces de ma pérégrination dans ce quartier. D’abord, une vidéo du bazar tel qu’il est aujourd’hui.

Il n’y a plus d’attroupement autour d’occidentaux qui achètent des boucles d’oreille…

Et voici quelques vues du Jardin des Yu, à la hauteur du pont en zig-zag, dont une qui a été prise de moi sans que je m’en rende compte dans le Salon de thé qui surplombe le jardin où j’avais décidé de faire une pause.

Jardin des Yu, à la hauteur du pont en zig zag

Jìng’ān, le parc de sculptures contemporaines

 Lors d’un voyage précédent, je l’avais vu en sortant du Musée d’histoire naturelle qu’il entoure, mais j’étais trop fatigué par ma visite matinale pour l’explorer. Cette fois-ci, j’ai fait l’inverse : je me suis promené dans le Parc de sculptures de Jing’an (Jìng’ān diāosù gōngyuán 静安雕塑公园) et ne suis pas entré dans le musée.

A l’exception d’Arman, je ne connaissais aucun des sculpteurs qui avaient réalisé des œuvres pour ce parc. Elles étaient de valeur inégale sur le plan esthétique, mais toujours bien entourées grâce au talent des paysagistes Chinois.

En clin d’œil à Anne-Marie, une amie rémoise, sculptrice de l’intime, voici un carrousel d’œuvres monumentales, pas toujours très belles, mais toujours accordées à leur environnement.

Sculptures du Parc Jìng’ān – Shanghai

Histoire sans parole

Lorsque j’ai visité le musée de l’urbanisme de Shanghai, il était envahi de groupes scolaires. C’est l’une des missions explicitement donnée aux Musées par le pouvoir politique : acculturer les générations futures aux œuvres et à l’histoire de leur pays.

Musée de l’urbanisme – Shanghai

Des enfants, il y en avait donc partout, à ne pas savoir où donner de la tête. Par hasard, mon regard s’est porté sur une scène que j’ai saisie dans son intégralité, une scène sans prétention. La voici.

Une petite fille tourne ses yeux vers une accompagnatrice ; bien que muette, elle a l’air de lui demander quelque chose.  La femme s’agenouille alors pour nouer ses lacets ; la petite fille en profite pour s’assoir sur sa cuisse devenue pour elle accessible. La femme se relève doucement, la petite fille se retire, mais elle lui tend ses bras pour qu’elle la prenne dans les siens. L’adulte s’apprêtait à l’accueillir mais une autre femme, à côté d’elle, s’approche pour lui déconseiller. L’accompagnatrice prend alors la main de la petite fille et vient la donner à un garçon de sa classe, puis elle leur emboite le pas.

Quand on visite un pays, la Chine, si différent du sien, la France pour moi, on est évidemment en permanence étonné des différences culturelles, si nombreuses : la langue, les pratiques culinaires, l’esthétique, les mœurs… La liste est longue. Mais aussi perce, sous la culture, l’universalité de l’humain, dans des sourires, dans des attentions, dans des regards, dans le goût pour le rangement (ou pas)… C’est probablement cela qui m’a touché dans cette scène. Les acteurs n’en étaient pas plus Chinois que moi, le spectateur, Français.

Supplique adressée à son nouveau maire pour faciliter la cyclopédie parisienne

Certes, Paris n’est jumelé qu’avec Rome et Rome qu’avec Paris, mais cela n’interdit pas de voyager en Chine, à Shanghai par exemple, pour admirer l’ingéniosité du système de vélos partagés, et en tirer quelques  inspirations.

Ces vélos appartiennent à trois compagnies différentes : les bleus, les verts et les jaunes.  Le système est très simple. Ils se débloquent en scannant leur QR code, puis se rendent en les déposant dans les zones de stockage qui sont matérialisées par un quadrilatère de peinture blanche.

Les vélos partagés en Chine

Une fois déposé et à nouveau scanné, leur blocage génère le paiement de la course, autour de 2 yuans (25 centimes).

L’art d’empiler

Pour que cela marche, il faut en outre, afin de constamment remplir les vides et vider les trop-pleins,  recruter une équipe d’experts en empilage d’objets complexes, doués d’un grand sens de l’équilibre. Celui-ci était un poète : il a cueilli une rose au milieu des bleus.

Peut-être que ce système n’est pas adapté à Paris et ne pourrait y être transposé [6]. Je ne suis pas compétent pour le savoir. En revanche, il y a une chose qui pourrait être faite sur les Vélib eux-mêmes et qui serait un progrès extraordinaire : installer un dispositif enfin simple d’accrochage de son ordiphone permettant de s’orienter dans la ville, à l’image de celui mis en place sur tous les nouveaux vélos chinois.

Je ne sais pas qui a inventé pour le même usage, sur les Velib, la sacoche dans laquelle on peut glisser son téléphone. Il devait être mal luné ce jour là et en vouloir à la terre entière.  Je n’ai toujours pas compris – et ce n’est pas faute d’avoir essayé – comment, retenue par ses tendeurs, il faut l’installer pour avoir l’écran de la carte routière orienté vers ses yeux lorsqu’on en a besoin…

Depuis qu’en Chine ils ont installés ce dispositif simplissime, je n’hésite plus à prendre un vélo même pour des trajets complexes. Avant, je ne le faisais pas car je perdais trop de temps à m’arrêter aux carrefours pour savoir vers quel côté il fallait tourner, comme j’imagine que c’est le cas pour nombre d’usagers des vélos partagés parisiens.

 Xi’an, avril 2026

Passer environ 10 heures dans un TGV pour me rendre directement  de Shanghai à Lanzhou ne m’enchantait guère. Ajouter Xi’an au voyage de 1990, comme étape entre ces deux villes, m’a permis de réduire le temps de chaque trajet de moitié et de revoir une cité dans laquelle j’étais passé deux ans auparavant (voir la sixième lettre). Celle-ci a été, sous différents noms et emplacements, la « capitale de treize dynasties, du XI° siècle avant l’ère commune jusqu’au X° siècle après ». Elle a été, dès « le II° siècle avant l’ère commune », le point de départ des routes de la soie [7]. A ce double titre, elle a pour la Chine une importance historique équivalente à celle de Paris pour la France.

Cháng’ān, l’ancienne capitale de l’Empire

Sous les Táng 唐 (618 – 907), l’époque de sa plus grande splendeur, elle ne s’appelait pas Xī’ān 西安, « Paix de l’ouest »  – son pacifisme était plus ambitieux –, mais Cháng’ān 长安, « Paix perpétuelle ». C’était alors une capitale cosmopolite d’un million d’habitants.

Elle avait été conçue à partir de la dynastie précédente, les Suí 隋 (581-618), sur la base des systèmes de quartiers clos des anciennes villes chinoises. Juxtaposés les uns aux autres, ils formaient ensemble un immense quadrilatère de 10 kilomètres d’Est en Ouest et de 9 du nord au sud.

Dans le musée de Xī’ān consacré à l’histoire de la ville, on trouve cette maquette et ce plan :

En voici un schéma plus lisible, avec moins de guides et de visiteurs autour :

Plan simplifié de Chang’an

Ce plan en damier était divisé selon un axe nord-sud par l’avenue de l’Oiseau écarlate. C’est dans la partie Ouest de la ville qu’étaient hébergées les populations originaires de l’Asie centrale et occidentale, les Húrén 胡人. C’est sur le marché de l’Ouest [8] qu’arrivaient et partaient les caravanes qui empruntaient les routes de la soie. C’est encore là que les religions étrangères (le  Zoroastrisme,  le Christianisme Nestorien, le Manichéisme et l’Islam) avaient autorisation d’y installer leurs lieux de culte.

Il ne reste quasiment plus de vestiges de cette époque.

Xi’an conserve certes une impressionnante enceinte qui fait le tour complet de la vieille ville, mais elle date des Míng 明 (1368 – 1644) et repose sur celle de la seule cité impériale de Cháng’ān. Sous cette dynastie, elle n’était plus capitale de l’Empire mais seulement d’une de ses Provinces.

Les remparts de la vieille ville de Xi’an

Un parcours dans un Musée chinois ne saurait se terminer sans que ne soit tiré la leçon politique ou morale de l’histoire [s’agissant des Tang, elle est parfaitement justifiée [9]] : « Les dynasties Han et Tang furent les deux périodes de développement les plus importantes de la Chine ancienne. L’unification nationale et l’épanouissement culturel firent de la Chine le centre de l’Orient durant cette période. L’ouverture de la Route de la Soie sous la dynastie des Han occidentaux inaugura une ère d’échanges culturels entre la Chine et l’Occident. La dynastie Tang, par son approche inclusive et novatrice, intégra un large éventail de civilisations étrangères, donnant naissance à un paysage culturel magnifique et diversifié.

En repensant aux gloires des dynasties Han et Tang, nous ne pouvons qu’être émerveillés par la force d’entreprise, l’esprit vigoureux et la vision épique qu’elles ont offerts au monde (…) Il est de notre devoir et de notre responsabilité de l’apprécier, de nous en imprégner, de transmettre et de faire rayonner ces traditions culturelles remarquables » [10].

L’éplucheur de mangue

Zhuangzi est un penseur taoïste qui s’exprime volontiers par parabole. L’une des plus célèbres est celle du boucher qui avait créé une telle complicité entre ses gestes et les linéaments des bœufs qu’il pouvait les désosser sans  jamais user son couteau [11].

C’est ce boucher que j’ai cru rencontrer. Il n’était pas boucher ; il épluchait des mangues et les coupait en morceau pour les vendre.

J’étais fasciné. Il faisait glisser son couteau sous la peau du fruit – pourtant si difficile à enlever – et coupait de petites lanières parfaitement régulières d’un demi centimètre environ, de l’avant à l’arrière, d’un sommet à l’autre. Il faisait ça avec sérieux, absorbé par sa tâche, sans précipitation.  Une fois épluchée, il l’a coupée en morceau, toujours avec la même patience et en a rempli un bol plastique. Je le lui ai acheté.

Passant peu après devant un marchand de fruits, je m’en suis procuré une. Mon petit couteau est très affuté. Je me faisais fort d’imiter mon vendeur, mais mes lanières étaient irrégulières et je me suis même légèrement entaillé le pouce en coupant les morceaux.

Il me reste quelques progrès à faire pour acquérir la dextérité taoïste et son art de se lover dans l’intimité des choses sans les violenter…

*****

C’est de Xiàhé 夏河 que je viens de poster cette lettre. Depuis Lánzhōu 兰州, j’avance sur ces terres, nouvelles pour moi, du nord-ouest de la Chine. Une double découverte, de paysages et de peuples, qui feront l’objet d’un prochain récit.

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture de celui-ci.

民心


[1] En fin d’année dernière, à la suite d’élagages manuels répétés, j’ai été victime d’une sciatique lombaire dont j’ai souffert pendant un mois et demi. La douleur a disparu – c’est l’essentiel ! Mais j’en conserve encore aujourd’hui des séquelles : je boite de la jambe droite. Je m’étais d’ailleurs demandé à un moment donné s’il ne vaudrait pas mieux différer ce voyage. Puis je me suis dit que boiter en France ou boiter en Chine, ce n’était guère différent…

[2] Le musée a fermé ses portes en septembre 2019 et devrait les rouvrir en juin 2027.

[3] La saillie en forme de vase qu’on voit sortir du mur est en bronze ; elle abrite la salle des trésors du musée et évoque « un artefact antique qui serait en train de surgir de terre. C’est une représentation architecturale de la mission du musée : exhumer et mettre en lumière les trésors enfouis de l’histoire de Pékin » (Deepseek).

[4] Dàifū 大夫 n’est pas son nom. Cela veut dire “Docteur”

[5] Xīnlǐ, mot à mot, signifie « science du cœur ». Connaissant désormais ce mot, j’ai su peu de temps après, lire une enseigne d’hôpital et découvrir ainsi qu’il était spécialisé dans la psychiatrie.

[6] J’utilise des vélos partagés depuis mon premier voyage en Chine en 2023. A ce jour, je ne suis jamais tombé sur un vélo sans selle, sans pédale ou sans pneu, alors qu’à Paris, on tombe fréquemment sur des vélos inutilisables. Il n’y a pas que la qualité du système qui importe, l’absence ou la présence de vandalisme est un autre facteur décisif.

[7] Citations tirées du Musée de Xi’an.

[8] 东西 dōngxī est un mot du langage courant, d’usage quotidien. Dōngxī, ce sont les choses, les objets, mais curieusement mot à mot ces deux syllabes signifient Est-Ouest. Ce mot étrange trouverait son origine à Chang’an et à ses deux marchés. En effet, aller de l’un à l’autre vous permettait d’acheter toutes les marchandises du monde connues alors de la Chine.

[9] Au Musée Guimet à Paris, j’avais visité l’exposition « La Chine des Tang, une dynastie cosmopolite » qui avait lieu de novembre 2024 à mars 2025. Elle était riche de splendides œuvres prêtées par des musées chinois. C’est elle qui m’avait instillé l’idée de revenir à Xi’an si l’occasion s’en présentait.

[10] Citations tirées du Musée de Xi’an

[11] N’ayant pas accès à ma bibliothèque, j’ai cherché sur internet ce texte afin de me le remettre en mémoire. Je l’ai trouvé, sans indication de son origine. Si vous voulez à votre tour le lire, cliquer ici.

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